R2DS Île-de-France

Réseau de Recherche sur le Développement Soutenable

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[2008-10] Durabilité Sociale du Périurbain Francilien

Coordination : Martine Berger

Contexte scientifique

Souvent stigmatisée comme symbole d’un étalement urbain incontrôlable, dévoreur d’énergie et coûteux en termes de réseaux, la croissance périurbaine est plus rarement envisagée en termes de durabilité sociale.

Alors que les maisons individuelles représentent aujourd’hui en Île-de-France plus d’une résidence principale sur 4, plus d’une sur 2 dans les départements de grande couronne, et que la moitié de ce parc pavillonnaire date de moins de 30 ans, quel bilan peut-on tirer d’un quart de siècle de forte expansion périurbaine, en termes de « durabilité » sociodémographique ? Une ou deux décennies après leur construction, comment ont évolué les « nouveaux villages » et autres lotissements périurbains ? Alors qu’une partie du discours politico-médiatique témoigne d’un regain d’intérêt pour la compacité et la centralité, quels processus de valorisation ou de dévalorisation observe-t-on dans ce segment du parc de logements franciliens ? Que nous révèlent les parcours résidentiels des ménages sur leurs choix et préférences, en termes de types de logements et de localisation, à différents âges de la vie, en particulier à l’heure de la retraite ?

La « durabilité sociale » des couronnes périurbaines franciliennes peut être envisagée sous 3 angles :

- Les quartiers et communes pavillonnaires de grande couronne sont souvent décrits comme des territoires des classes moyennes. En Île-de-France, où la part des opérations clés en mains ciblant des clientèles spécifiques a été plus forte que dans le reste de la France, et où les villes nouvelles ont constitué une part importante de l’offre de maisons individuelles, la gamme sociale des pavillonnaires périurbains apparaît nettement plus large, reflétant pour l’essentiel leur distance à Paris et leur position cardinale. Comment évolue, au fil du temps, la composition sociale et socio-démographique de ces quartiers et communes pavillonnaires, en fonction de leur situation, des conditions de leur desserte par les grands réseaux de transport, de leur accessibilité aux commerces et aux services ?

- Un autre point crucial concerne le processus de vieillissement des ménages installés dans l’espace périurbain francilien depuis les années 1970. On insiste souvent sur les difficultés de maintien des populations âgées dans des quartiers mal desservis, où la dépendance automobile est forte. Au moment où la génération du baby boom, qui a alimenté la croissance pavillonnaire des années 1970 et 1980, arrive à l’heure de la retraite, le basculement démographique des tissus périurbains les plus anciens est en cours. Les besoins en termes de déplacements, d’équipements et de services pour des catégories de populations autres qu’actives et automobilisées sont impensés, ou du moins mal organisés. De nombreuses recherches portant sur des espaces à faible densité ont identifié les inégalités qu’il génère, qu’il s’agisse de ménages modestes ou de ménages âgés dans les banlieues étatsuniennes ou canadiennes.

- Un élément important de la durabilité sociale et de l’inégale valorisation des espaces pavillonnaires périurbains est l’existence, à proximité, d’une offre de commerces et de services aux ménages. Sur ce point, les évolutions divergent : d’une part, les emplois relevant de l’économie résidentielle et de la reproduction sociale augmentent sensiblement dans les espaces périurbains franciliens ; d’autre part, la contraction du commerce rural pose le problème de l’accès aux services de base pour les populations les moins mobiles. Mobilité et dépendance automobile constituent donc des éléments clés pour un diagnostic de la durabilité sociale des espaces pavillonnaires en grande couronne et la compréhension de leurs évolutions différentielles.

On s’appuiera pour cela :

  • sur une exploitation de la base de données BIEN (Chambre des Notaires) permettant une description des mobilités et parcours résidentiels dans le parc individuel en propriété (qui représente 85% du parc pavillonnaire francilien) ;
  • sur une exploitation des données censitaires au fur et à mesure de leur mise à disposition ;
  • sur des enquêtes par entretiens semi-directifs auprès d’un échantillon de ménages représentatif de la variété des situations locales.

Coordination : Berger Martine