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[2008-12] Richesse et précarités : Bilan et prospective des services environnementaux Ile de France suivant la méthode du SEEA

Coordination : Martin O’Connor - IRD - C3ED

Contexte scientifique

Le projet RICHESSES & PRECARITES_IDF envisage l’application pour le territoire francilien, des conventions d’organisation des informations sur les « services environnementaux » proposées pour le nouveau SEEA [System of integrated Economic and Environmental Accounts] qui est en cours de finalisation sous le pilotage de l’UNCEEA [United Nations Committee of Experts on Environmental-Economic Accounting].

L’intérêt pour la région Île de France de la méthodologie SEEA est son ambition de fournir un trame pour l’organisation des informations économie-environnement qui serait à la fois compréhensif et générique. Le nouveau SEEA accepte le défi, d’un côté, de fournir une trame qui recouvre la gamme de biens et services environnementaux et, de l’autre côté, de rester ‘économe’ et pragmatique face à la grande complexité des processus environnementaux et l’impossibilité d’en établir un bilan ni exhaustif ni en termes des seules valeurs monétaires.

Aujourd’hui, si les politiques du CRIDF et des acteurs de la région affirment les principes d’un développement durable respectueux des critères d’excellence sociaux et environnementaux aussi bien qu’économiques, les normes et informations mobilisées à cette fin restent très hétérogènes. Dans le contexte du développement durable, un « indicateur » est surtout un élément de communication et « d’aide à la délibération » afin d’orienter l’action individuelle et collective. Cependant, les informations s’expriment à des échelles différentes et sont sollicitées dans des contextes organisationnels très contrastés. Par exemples :

  • Les exigences de gestion et de reporting aux différentes échelles d’organisation économique ;
  • Les perspectives territoriales, incluant les caractéristiques de l’environnement et des infrastructures, de l’échelle de la communauté locale aux échelles régionale (sub-nationale), nationale et supranationale ;
  • Les niveaux successifs de gouvernance (souvent en corrélation avec les perspectives territoriales), incluant la communauté, les entités sub-nationales administratives et/ou culturelles, les organes nationaux de régulation et les structures de gouvernance supranationales.

Nous proposons que les indicateurs « agrégés » et « génériques » de performance économique (par
exemple GDP), de bien-être (par exemple, the Genuine Progress Indicator) et de durabilité (par exemple
genuine savings, greened-economy GDP) envisagés par le SEEA à l’échelle nationale, peuvent se révéler tout
aussi pertinents à l’échelle régionale de coordination. Dans ce contexte, l’application de la méthode du SEEA
pour le territoire francilien présente les trois bénéfices suivants :

- Ce choix répond de manière proactive au souci d’efficacité des communications à travers les échelles (région Île de France, l’état-nation, le niveau européen), tout en permettant de rester attentif à la variété des informations sous-jacentes et aux caractéristiques spécifiques — d’un site industriel ou agricole, d’un territoire ou d’un pays, etc., — des situations ainsi décrites.

- La démarche expérimentale à l’échelle francilienne peut se poursuivre rapidement par collaboration entre scientifiques, statisticiens et acteurs du territoire, sans être encombrée par des obligations et susceptibilités de positionnement entre états.

- Les résultats empiriques et les leçons méthodologiques tirées de cette expérience régionale peuvent toutefois être offerts comme une contribution au processus international piloté par l’UNCEEA de mise en place du nouveau SEEA, permettant ainsi à la France et à l’Île de France en particulier de s’affirmer dans un rôle de leader dans ce domaine.

Le projet contribuera ainsi au renforcement de capacités des acteurs franciliens sur l’interface sciencestatistiques société, permettant de s’adresser à la question d’une gestion durable du capital naturel et des services écologiques à l’échelle régionale.

Coordination : O’Connor Martin