R2DS Île-de-France

Réseau de Recherche sur le Développement Soutenable

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[2009-03] Pour une étude comparative des impacts et des dynamiques socio-écologiques que rencontrent les tribus de la région du Strickland Bosavi (papouasie nouvelle guinée) face à la mondialisation (exploitation minière et forestière) et aux bouleversements climatiques

Coordonnateur : Laboratoire d’anthropologie sociale - Collège de France, EHESS, CNRS

Objectives scientifiques

Les récents débats ayant eu lieu lors de la conférence de Poznan montrent que les droits des peuples autochtones sont remis en questions par de nombreuses nations concernées (notamment le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et les Etats-Unis). Pourtant, depuis l’article 8j de la Convention sur la Diversité Biologique (traité ouvert à la signature à Rio de Janeiro, en 1992) mettant l’accent sur le « respect, la préservation et le maintien des connaissances, innovations et pratiques des communautés autochtones et locales qui incarnent un mode de vie traditionnel », ces questions avaient prouvées leur entière légitimité. En effet, cette convention réhabilitait les savoir-faire naturalistes et écologiques locaux, et insistait sur la nécessité de prendre en compte, au niveau global, une catégorie d’acteurs dont les pratiques « traditionnelles » sont présentées comme essentielles pour la conservation de la biodiversité : les « communautés locales et autochtones ».

Les objectifs du projet sont :

1) de dégager et d’isoler les variables socio-écologiques avec précision, et les impacts qu’occasionnent l’intervention des développeurs (missionnaires, exploitants, conservateurs, scientifiques) sur les relations qu’entretiennent ces populations avec leur milieu forestier aussi fragile que complexe (il s’agit des écosystèmes forestiers les plus riches de la Papouasie Nouvelle-Guinée). En d’autres termes il conviendra donc de cerner les déterminants et les effets de perturbations diverses sur un système existant (et plus spécifiquement sur la durabilité des pratiques qui en résultent). Cette étude de cas relativement « purs » et de leurs évolutions permettra de généraliser à d’autres cas plus complexes ;

2) d’analyser l’adaptabilité dont font preuve ces sociétés face à ces perturbations ;

3) de dégager aux vu de ces résultats des outils scientifiques, juridiques et économiques (ex :création d’un cadre contractuel pour les réserves autoproclamée, Brunois, 2005) susceptibles d’être étendus à toute la région, sans pour autant nier les différences culturelles présentes. Ces outils permettront d’asseoir un dialogue pour assurer un développement véritablement soutenable.

Coordination : BRUNOIS Florence DESCOLA Philippe