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[2009-12] Mobilités, modes de vie et socialisation des adolescents : homogénéité versus disparité selon l’urbanité des territoires" Coordonnateur : LVMT

Coordonnateur : Marie-Hélène MASSOT - LVMT

Contexte scientifique

Supposant que les qualités du territoire et les modes d’habiter occupent une place centrale dans l’organisation des modes de vie et des mobilités, notre projet de recherche a pour objet les modes de vie et les mobilités des adolescents (15-18 ans) dans les territoires reculés et emprunts de ruralité de la métropole francilienne.

Notre interrogation sur la population adolescente résidant dans les territoires très peu denses de la métropole est motivée d’une part par leur absence d’autonomie dans leur mobilité au sens des pratiques de déplacement. Il a été en effet montré qu’à cet âge, les jeunes franciliens vivant dans ce type de territoires réalisent au quotidien moins de déplacements et beaucoup plus de kilomètres que les jeunes vivant dans des territoires plus densément peuplés et plus proches du coeur de la métropole. Dès lors ils ont une mobilité moins diversifiée que les autres car totalement ancrée au trajet quotidien associé à leur scolarisation. Ce trajet est d’autant plus gourmand en temps quotidien que ces adolescents prennent le transport public. Si le transport public leur permet de gagner en autonomie dans leur mobilité vers l’établissement scolaire, ils rigidifient leur accès à des territoires variés, diversification qui ne peur être obtenue que par une perte d’autonomie dans la mobilité, c’est-à-dire par des pratiques d’accompagnement en voiture par les adultes (MASSOT, ZAFFRAN, 2007). C’est pour ces jeunes, à très faible mobilité autonome (ou faible « auto-mobilité » MASSOT-2007), que PINSON, THOMANN et LUXEMBOURG parlent de l’existence d’une « discrimination générationnelle » dans l’accessibilité à la ville. D’autre part, ces différentiels de mobilité et d’autonomie dans l’expérience urbaine seraient porteurs d’inégalités dans le processus de socialisation et de construction identitaire des adolescents (ZAFFRAN, 2006). La mobilité constituerait en effet, le vecteur du passage du « familier » à « l’étrangeté » en ce qu’elle procure une confrontation avec des lieux, des individus nouveaux et permet l’expérience urbaine (M.KOKOREFF).

Coordination : MASSOT Marie-Hélène