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[2009-16] Repenser les bases de données historiques sur les aléas à l’heure du défi environnemental

Coordonnateur : Grégory Quenet - Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines

Contexte scientifique

La crise environnementale à venir oblige à repenser un certain nombre de questions concernant les temporalités historiques. Par exemple, la distinction braudélienne classique entre la longue durée des milieux et l’histoire événementielle des hommes demande à être reconsidérée grâce aux apports méthodologiques des historiens de l’environnement qui ont décrit la construction conjointe des sociétés et de leurs milieux. D’un autre côté, l’histoire environnementale ne s’est guère préoccupée de la dimension temporelle des phénomènes qu’elle étudie : les notions de « crise », « d’effondrement », de « catastrophes » ou de « crack » pourtant omniprésentes pour parler des écosystèmes et de leurs évolutions ne sont guère questionnées. L’historien dispose d’atouts pour faire avancer la réflexion sur ce que signifie « crise » dans l’expression « crise environnementale » et pour penser les temporalités et les échelles des transformations environnementales ainsi que leurs réverbérations dans les ordres sociaux, politiques et culturels.

Pour avancer sur un terrain solide, ce projet entend reprendre la question de la construction des bases de données historiques d’aléas. Jusqu’à présent, elles ont procédé quasi exclusivement de manière monographique, par type de phénomènes physiques. Les rares bases synthétiques sont en fait une addition de données monographiques. Or, les enjeux environnementaux auxquels nous sommes confrontés actuellement montrent au contraire la nécessité dirimante de croiser ces différentes bases, d’étudier l’interconnexion entre des phénomènes tenus jusque là pour indépendants et d’imaginer des bases de données intégrées. Les travaux sur les modèles d’évolution climatique et les scénarios de transformation montrent comment les aléas sont et seront liés.

L’un des buts de ce projet est d’affirmer la nécessité d’un dialogue renforcé entre sciences sociales et sciences de la nature, autour de la question de la crise environnementale. Les objets historiques, les objets dignes d’histoire, ont trop souvent été pensés à partir du seul domaine traditionnel de l’historien, sans chercher à établir un dialogue avec d’autres disciplines fondamentalement historiques telles que la géologie ou la climatologie. La crise environnementale doit inviter à un dialogue renforcé entre sciences humaines et sciences naturelles. Si l’histoire a tout à gagner à intégrer dans ses récits les données naturalistes (variations climatiques, changement écosystémique), elle peut aussi aider les modélisateurs à penser les conséquences du changement global au niveau local.

Coordination : QUENET Grégory