R2DS Île-de-France

Réseau de Recherche sur le Développement Soutenable

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Aménagement et transports soutenables : quelles orientations pour la Région Ile-de-France ? Processus en œuvre dans la production du territoire régional

Coordination : LATERASSE Jean - LVMT ENPC/INRETS ; VELTZ Pierre - ENPC

- Action I : Analyse comparée du polycentrisme à Montréal et à Paris : les relations entre accessibilités aux polarités secondaires par les réseaux de transport, fonctions économiques et rayonnement des pôles.

Responsable : M-H Massot. Directrice de recherche INRETS

Problématique et programme de travail

Le thème de l’évolution de l’espace économique de la Région Île-de-France a été largement traité au cours des dernières années et différentes études permettent d’en avoir aujourd’hui une très bonne connaissance. Qu’il s’agisse des recompositions qui affectent le centre, du niveau de desserrement des emplois et des conditions de son inscription spatiale, ou bien du format plus général d’évolution de la métropole, tous ces aspects ont été très bien documentés et ont pour point commun de donner du crédit à la thèse d’un polycentrisme hiérarchisé, où les aires d’attraction des pôles dépendent de leur structure économique et de leur centralité.

Globalement, le polycentrisme n’explique cependant, dans les métropoles où il est mis à l’épreuve, que 35 à 50% de la localisation des emplois, selon les méthodes conduites. En outre, la majorité des études s’arrêtent à l’illustration du polycentrisme, sans se poser la question de savoir comment se distribue les 50% restants. Autrement dit, une part importante de l’emploi échappe à ce qu’on décrit comme être la forme dominante des métropoles contemporaines. Ce projet porte une attention toute particulière aux « 50% restant » sur la base des deux autres hypothèses formulées :

  • la diffusion le long des axes de voies rapides
  • la dispersion

L’objectif de ce projet consiste ainsi à développer une méthodologie qui puisse faire ressortir les effets propres de chacune de ces lectures dans l’évolution des dynamiques spatiales de l’emploi en Île-de-France. Pour cela, il est mené :

  • d’une part, une analyse géographique très fine par l’intermédiaire des zones « iris » constitutives des communes franciliennes.
  • d’autre part, une typologie originale des activités franciliennes construite sur le rapport des entreprises à leur produit final et aux flux qu’il génère. L’hypothèse à vérifier réside dans le fait que la localisation des activités n’est pas indépendante de ces deux aspects et s’articule différemment selon qu’elle est basée sur le « transfert d’informations », sur « le transport/déplacement de marchandises », ou bien sur « les déplacements du client ou de l’usager ».

- Action 2 : « Une région métropolitaine ‘globale’ et durable ? Infrastructures en réseaux et dynamiques sociales, économiques et environnementales en Ile-de-France dans une perspective européenne comparative »

Responsable:Olivier COURARD. Directeur de Recherche au CNRS

Le travail d’investigation est élargi à la compréhension fine des liens entre infrastructures en réseaux et dynamiques qui structurent l’évolution de la région Ile-de-France. De ce point de vue, les recherches engagées visent à :

  • éclairer et analyser le rôle des infrastructures et des services en réseaux dans le développement ‘global’ et durable de la région de l’Ile-de-France, à travers une étude empirique qui situera la métropole française dans son contexte européen, en comparant l’Ile-de-France avec d’autres métropoles européennes (Londres, Stockholm,…) ;
  • mettre en exergue et discuter les tensions et les complémentarités entre les dimensions ‘globales’ et ‘durables’ des politiques et des stratégies métropolitaines à tous les niveaux en rapport avec la planification et/ou la gestion des infrastructures ;
  • examiner les impacts des réformes (ou du manque de réformes…) dans les services en réseaux (libéralisation, privatisation, « marchandisation ») dans une perspective de durabilité et de la compétitivité des territoires concernés.

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Problématiques et programme de travail

Les services en réseaux articulent les trois dimensions du développement durable :
- Modalités économiques de fourniture des services collectifs
- Facteurs importants du métabolisme urbain
- Supports de services essentiels (droit à l’eau, à l’énergie…)
Un travail d’investigation a été conduit à l’articulation des dimensions techniques, sociales et urbaines.

  • Réseaux et dynamiques urbaines à Stockholm Impact des réformes (ou manque de réformes) sur l’offre et l’accès des ménages aux services en réseaux (eau, électricité, chauffage urbain, haut débit). Effets de la privatisation des services d’énergie par la municipalité. Organisation, coût et financement de l’eau et de l’assainissement dans des grandes zones de la région. Différence entre les zones urbanisées en terme d’organisation des services.
  • Politique de transition énergétique en Ile-de-France Analyse de la mise en application des plans de politiques publiques tels que le Plan régional de l’énergie (2006-2010), le Contrat de projet Etat-Région (2007-2013), le SDRIF (2008-2030), le Plan régional pour la qualité de l’air ainsi que le Plan Climat de la ville de Paris.
  • Poursuite de travaux\réflexion sur les réseaux de télécommunications et les dynamiques urbaines.

- Action 3 : La durabilité métropolitaine : comparaison entre les métropoles européennes et de l’Amérique du Nord ; exploration de la faisabilité d’une modélisation multi-échelles et multi-agents.

Responsable : Denise PUMAIN. Professeur à Paris 1

L’ambition scientifique de cette Action est de réaliser pour la première fois en géographie, un modèle de simulation urbaine qui prenne en compte 3 niveaux d’échelle : le quartier, la ville et le système de villes. Pour se faire, on se propose de concevoir un modèle multi-agents de dynamiques intra-urbaines, puis de le greffer sur un modèle dynamique de système de ville existant (http://simpap.parisgeo.cnrs.fr).
Du point de vue de la géographie et du développement soutenable, les simulations doivent permettre d’interroger l’évolution des systèmes urbains à trois niveaux d’organisation. L’enjeu est d’évaluer la dépendance de la dynamique de la ville, considéré comme un acteur, par rapport d’une part aux systèmes des villes avec lesquelles elle est en relation, et d’autre part aux décisions et aux pratiques des acteurs urbains à l’intérieur de la ville, ainsi que par rapport aux contraintes sur les ressources issues du niveau des acteurs internationaux et nationaux, par leurs institutions et régulations.

La notion de soutenabilité sera examinée au sens large, dans ses objectifs de développement économique, de cohésion sociale et de qualité environnementale, et envisagé dans la longue durée, par ses manifestations en termes de croissance et de qualité différentielle mesurées au niveau de la ville et de l’ensemble des villes d’un territoire. Les indicateurs et les paramètres du modèle seront sélectionnés pour leur capacité à représenter de manière comparative le fonctionnement et l’évolution des deux grands types urbains (européen et nord-américain).

Les objectifs détaillés en termes de réalisation d’outils informatiques adaptés à cette problématique sont les suivants :
- Rendre modulable l’influence des différents acteurs pour mieux comprendre les dynamiques émergent des couplages et de décisions sur différentes échelles d’intervention. La finalité étant de pouvoir isoler des leviers représentés comme décisifs, justifiant certaines différenciations entre les deux formes d’urbanisation étudiées.
- Développer un outil d’aide à la décision aux choix politiques d’aménagement urbain durable par une plate-forme de simulation sous la forme d’un laboratoire virtuel d’expérimentation, d’exploration et de visualisation.

Problématique et programme de travail

Les grandes métropoles sont confrontées à une concurrence entre elles qui s’est avivée avec la mondialisation. Dans ce contexte il est crucial de prendre les bonnes décisions. Choisir une stratégie suppose une vision claire des devenirs possibles. Quelle forme de ville de référence peut inspirer les visions futures : la métropole américaine, ou bien une forme européenne aménagée ?

Nous faisons l’hypothèse que chacune de ces formes urbaines tire sa cohérence d’interactions qui lui sont propres, entre des niveaux d’acteurs et de processus à plusieurs échelles géographiques. Les évolutions ne dépendent pas seulement de choix locaux, entre telle ou telle option de système transport ou de politique de logement. Le devenir urbain dépend des interactions entre des décisions qui relèvent de plusieurs niveaux d’échelle (contextes de régulations national ou mondiale) ainsi que du système des villes. Nous pensons améliorer la compréhension des dynamiques urbaines en modélisant ces systèmes complexes hiérarchiques par des modèles informatiques multi-échelles.

La simulation informatique offre aujourd’hui un outil d’aide à la recherche complet et puissant pour l’analyse des systèmes. Notre démarche s’inscrit dans la conception de ce type d’outil en utilisant la simulation multi-agents.

Coordination : MASSOT Marie-Hélène