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SEPTEMBRE 08

Colloque "Terrains communs, regards croisés. Intégrer le social et l’environnemental en histoire"

Coordination : Geneviève Massard Guilbaud - EHESS

Date : les 11, 12 et 13 septembre 2008

Lieu :

École des hautes Études en Sciences sociales - EHESS

105, boulevard Raspail

Paris 6e

FRANCE


Coordination :

  • EHESS
  • Centre de Recherches Historiques

Partenaires :

  • CNRS
  • Bureau des coopérations internationales de l’EHESS
  • Revue Les Annales des Mines
  • Ministère des Affaires Étrangères
  • European Society for Environmental History
  • Leeds Metropolitan University

Contacts :

  • MASSARD GUILBAUD Geneviève
  • Stephen MOSLEY

Documents disponibles :

  • Pour télécharger le programme du colloque, cliquer ici
  • Pour télécharger les modalités d’inscription, cliquer ici
  • Pour télécharger les informations pratiques, cliquer ici
  • Pour télécharger les informations sur les activités hors colloques, cliquer ici

En quelques mots …

Plusieurs articles historiques récemment parus sont revenus sur la question de la nature de l’histoire de l’environnement, sur ses objets ou sur ses relations avec des champs de recherche proches. Le présent colloque entend se situer dans ce débat en montrant qu’il est possible et nécessaire de porter sur des champs traditionnels de l’histoire économique et sociale un « regard environnemental » et qu’il est aussi possible et nécessaire de donner toute sa place au social dans l’histoire environnementale.

En effet, à l’heure où le changement climatique, l’érosion de la biodiversité et d’autres problèmes écologiques encore constituent pour l’humanité des défis majeurs, menaçant à la fois le présent et le futur, il ne nous paraît plus possible d’écrire une histoire économique et sociale qui n’intègre pas la dimension environnementale. Parce que nos sociétés affrontent aujourd’hui les conséquences souvent dramatiques de choix faits par le passé dans les domaines de l’énergie, des technologies, de l’agriculture, de l’industrie, de l’urbanisation, de la consommation, etc., nous avons besoin d’une histoire qui éclaire la façon dont se sont construites les situations insoutenables que nous connaissons dans ces domaines. L’écriture de cette histoire passe par la relecture de nombreuses questions supposées bien connues, et par le développement de fortes connections entre histoire économique et sociale et histoire environnementale.

De la même façon, nous ne pouvons nous contenter d’une histoire de l’environnement qui se focalise uniquement sur la nature ou sur l’évolution du rapport de l’homme à la nature, sur le rôle de l’homme dans les changements climatiques ou dans la disparition des espèces. Quelle que soit la légitimité de ces thèmes de recherche, nous avons également besoin de recherches qui accordent une place importante aux dimensions sociale et économique des problèmes environnementaux. Les changements environnementaux, par exemple, n’affectent pas de la même façon toutes les populations : hommes et femmes, jeunes et vieux, « blancs » et « gens de couleur », quartiers résidentiels ou défavorisés ne sont pas touchés de la même façon. Les interférences de ces facteurs avec les problèmes environnementaux sont rarement dues au hasard. Elles sont, bien plus souvent, le résultat à long terme d’un ensemble de facteurs économiques, sociaux et culturels. Nous avons encore beaucoup à apprendre sur la façon dont l’énergie, les ressources naturelles, les risques… ont été distribués entre les différentes populations, qu’elles soient urbaines ou rurales. Progresser sur ce terrain suppose la mise en œuvre des savoir-faire de l’histoire économique et sociale.

Le moment est donc venu, pour l’histoire environnementale, de s’emparer des outils, des méthodes et des concepts de l’histoire économique et sociale — et vice versa. Non que rien n’ait été fait dans ce sens à ce jour. Mais nous avons besoin d’aller plus loin encore, et de renforcer la communication entre ces deux sous-disciplines, pour leur plus grand bénéfice à toutes les deux.