R2DS Île-de-France

Réseau de Recherche sur le Développement Soutenable

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[2008-13] Jardins collectifs urbains : des espaces investis d’une mission de développement soutenable. Etude des jardins partagés et des jardins d’insertion de la Ville de Paris

Coordination : Marie-Vic Ozouf-Marignier - EHESS

Contexte scientifique

Le projet de thèse porte sur les jardins collectifs urbains et prévoit d’analyser deux dispositifs, à savoir les jardins partagés et les jardins d’insertion de la Ville de Paris. Ces territoires seront envisagés d’un point de vue pluridisciplinaire : sociologique, ethnographique et géographique.

Objets de politiques publiques, ces jardins sont des dispositifs investis d’un rôle social et environnemental, et tout particulièrement d’une mission de développement durable. Les jardins collectifs urbains sont également des espaces peuplés d’usagers qui les remodèlent et les adaptent pour un usage quelquefois différent de la mission initiale. Enfin, il ne faut pas oublier les caractéristiques géographiques de ces jardins : des espaces restreints, soumis à une contrainte de référence à la nature, et insérés dans des ensembles urbains bien particuliers. Analyser l’interaction entre une volonté politique, des contraintes géographiques et les pratiques du terrain sera au centre du travail de thèse qui portera sur le jardin collectif urbain comme espace investi d’une mission de développement durable.

Les jardins collectifs urbains, à la différence des territoires naturels sauvages, sont chargés d’une mission sociale de convivialité, d’insertion et de création de lien social dans le quartier. Outre cela, ils ont une vocation environnementale et éducative. Ainsi, ces espaces verts se présentent comme outils du développement soutenable de la ville. Dans quelle mesure les jardins collectifs urbains accomplissent-ils les rôles qui leur sont assignés ?

La création et le fonctionnement des jardins collectifs mettent en jeu différents acteurs, tels que les pouvoirs publics, les membres associatifs et les habitants du quartier, dont chacun participe à la gestion et au fonctionnement de ces territoires. Cette forte implication des citoyens dans le processus de gestion répond ainsi aux principes du développement soutenable dont la conception repose sur les valeurs de responsabilité et de débat, de participation et de partage, de partenariat et de solidarité. En même temps, étant donné les visions différentes que les différents acteurs ont des missions et usages de ces territoires, les jardins partagés et d’insertion se présentent comme des territoires qui peuvent se révéler conflictuels. Le but de ce travail est de partir des conflits d’usages pour comprendre autour de quoi ils se structurent, comment ils se résolvent, quel type de compromis ou de conciliation est mobilisé et quelles demandes de quels usagers sont prises en compte. Ces conflits seront vus comme des indicateurs de tension autour de la vision du rôle de ces jardins. Plus largement, c’est la politique publique du développement soutenable qui sera confrontée, à travers l’exemple des jardins collectifs, aux attentes et aux pratiques des populations qui sont l’objet de cette politique.

Le travail de terrain sera par ailleurs complété par l’analyse historique des jardins collectifs urbains en France au cours du siècle dernier, à partir des jardins ouvriers jusqu’aux jardins partagés, pour observer la dynamique temporelle de l’usage de ces territoires. Il s’agira de mettre en évidence la transformation du rôle que les pouvoirs publics et les usagers accordent aux jardins urbains. L’évolution des valeurs de ces espaces verts illustrera l’évolution générale des représentations publiques de la nature dans la ville et les différents usages qui peuvent être faits de la nature dans un contexte urbain.

Coordination : OZOUF-MARIGNIER Marie-Vic