R2DS Île-de-France

Réseau de Recherche sur le Développement Soutenable

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Juin 2012

Jeudi 06 juin 2012

"L’exploitation des ressources naturelles aujourd’hui. Nouvelles opportunités environnementales et marchandes. L’exemple des forêts du Gabon et du parc national d’El Kala (Algérie)"

Résumé

Comment les exploitants de ressources naturelles s’accommodent-ils aujourd’hui de la multiplication des règles du développement durable et des normes environnementales mises en place par les Etats ? Comment ces derniers les imposent-ils pour respecter leurs engagements internationaux ? Ces contraintes environnementales constituent-elles de frein à la mise en valeur ou au contraire des opportunités ? Tarik Dahou prendra l’exemple des différentes formes d’accès aux ressources du parc national d’El Kala à la frontière de l’Algérie et de la Tunisie (une des plus grande zone humide de Méditerranée régie par la convention RAMSAR et bénéficiant du label réserve de biosphère de l’UNESCO). Emeric Billard montrera la plasticité des normes environnementale dans le cas des exploitations forestières au Gabon et des accords entre l’Etat et les opérateurs privés.

Avec notamment : Tarik Dahou (UMR Paloc, IRD), Emeric Billard (UMR Eco-anthrolologie, Mnhn), Discutant : Guillaume Blanc (à confirmer).

Cette séance du Séminaire "Gouverner le vivant" se déroulera de 15h30 à 18h30 dans l’Amphithéatre de paléontologie - Muséum National d’Histoire Naturelle - Paris


Mercredi 05 juin 2012

"Aménagement, normes et idéologies. L’exemple de la géoéthique néolibérale"

Résumé

Toute politique d’aménagement territorial repose sur des conceptions morales de l’espace idéal. La dimension éthique de l’action territoriale, que je propose de nommer « géoéthique », se manifeste en alors dans les efforts qu’accomplissent les habitants d’un territoire pour le perfectionner et le conformer aux idées qu’ils se font de ce qui est juste. En partant de l’exemple de la presse magazine d’actualité, il est ainsi possible de montrer la variété des attentes et des aspirations géoéthiques qui caractérisent l’opinion publique en France. Le pluralisme qui ressort de l’observation du discours médiatique résonne alors avec la façon dont les responsables politiques, les aménageurs mais aussi les chercheurs académiques envisagent de leur côté la justice spatiale. Toutes ces convictions renvoient à des idéologies et à des doctrines géographiques dont il est possible de suivre la généalogie. Dans cette communication, les fondements géoéthiques du néolibéralisme seront examinés à titre d’exemple dans leur dimension multiscalaire afin d’exhumer les racines morales qui fondent cette idéologie particulièrement influente mais souvent perçue avec confusion. Si le néolibéralisme semble bien être à la fois un ensemble de convictions morales et un cadre politique pour l’action territoriale, les conditions historiques de son émergence, de même que son contenu doctrinal paraissent en effet moins simples que le tableau dressé par la plupart de ses contempteurs actuels. Beaucoup d’affirmations qui accompagnent aujourd’hui la critique du néolibéralisme méritent en effet une mise en discussion. Faire remonter le tournant néolibéral aux années 1970 comme le font la plupart des commentateurs et présenter les politiques mises en oeuvre aux États-Unis et au Royaume-Uni à l’époque de R. Reagan et de M. Thatcher, voire à celles déployées quelques années auparavant dans le Chili d’A. Pinochet ou la Chine de D. Xiaoping, comme la matrice de la gouvernementalité néolibérale procède d’une réduction qui bloque en partie les possibilités d’une pleine et rigoureuse compréhension de la dimension géohistorique de la doctrine en question. L’examen des convictions géoéthiques exprimées par les premiers penseurs néolibéraux sera alors l’occasion d’éclairer sous un nouveau jour les formes contemporaines de la gouvernance néolibérale des territoires.

Avec notamment : Arnaud BRENNETOT, MCF en géographie politique, Université de Rouen, UMR CNRS 6266 IDEES, équipe MTG.

Ce séminaire se déroulera de 14h00 à 16h00 à l’OVSQ - Amphithéâtre Mégie Quartier des Garennes - 11 boulevard d’Alembert - 78280 Guyancourt.


Vendredi 01 juin 2012

"Politique contre nature ? Vers une réforme des subventions néfastes pour la biodiversité"

Résumé

Les subventions, en tant qu’instrument de politique fiscale, servent des objectifs de redistribution ainsi que d’incitation à des comportements prenant en compte les coûts sociaux. Depuis plusieurs années, de nombreux acteurs ont attiré l’attention sur des subventions dont les effets sur la biodiversité sont négatifs : elles sont ainsi qualifiées de subventions « dommageables », ou encore « néfastes » pour la biodiversité. Alors que nombre de ces subventions sont justifiées politiquement par le besoin de soutenir des secteurs en difficulté et/ou stratégiques, le débat est vif sur leur bien-fondé et sur les possibilités de leur réforme.
Cette conférence internationale consacrée aux subventions dommageables pour la biodiversité vise ainsi à contribuer aux débats sur ce qui est souvent présenté comme un dysfonctionnement passager. Elle permettra aussi de dégager des pistes de travail susceptibles de nous placer sur la voie des objectifs du plan stratégique pour lutter contre la perte de biodiversité, adopté en 2010 à Nagoya.

Cette conférence proposera trois sessions et une table ronde organisées autour de grandes problématiques :

  • Les subventions dommageables : émergence du concept, méthodes d’identification et présentation de l’étude consacrée au cas français ;
  • Quel processus de création des subventions dommageables dans les secteurs clés ? ;
  • De leur modification à leur suppression, les subventions sont-elles incontournables ? ;
  • Quels sont les enjeux et la faisabilité sociale et politique des réformes des subventions dommageables ?

Avec notamment : Patrick Ten Brink (IIEP), Bernard Coloos (Fédération française du bâtiment), Jean-Michel Charpin (ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie), Markus Knigge (Pew Environment Group), Christiane Lambert (FNSEA), Roger Martini (OCDE), Romain Pirard (Iddri), Xavier Poux (AScA), Vincent Renard (Iddri), Pascal Reysset (Expertise urbaine), Trees Robijns (Birdlife), Guillaume Sainteny (École Polytechnique), Jean-Pierre Tardieu (Veolia).

Cette conférence se déroulera de 09h30 à 18h00 à Paris.