R2DS Île-de-France

Réseau de Recherche sur le Développement Soutenable

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[2007-22] Planification et acceptabilité sociale de l’éolien en Ile-de-France : mise en perspective nationale et internationale des enjeux des politiques publiques

Coordination : Marie-Vic Ouzouf-Marignier - EHESS

Contexte scientifique

Le processus international de négociation sur la lutte contre le changement climatique a conduit à des engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans l’Union Européenne (UE) (UE, 1997,2001). D’ici à 2010, le développement des énergiesrenouvelables et notamment de l’énergie éolienne, devrait contribuer à la réalisation de ces engagements dans le domaine électrique. L’UE a déjà dépassé un premier objectif de 10 000MW fixé pour 2003 (28 676 MW déjà installés fin 2003). Cette capacité est concentrée dans quelques pays : l’Allemagne (50,9%), l’Espagne (22,4%) et le Danemark (10,8%) en regroupent 84,1%. La France est en dixième position avec 0,9% de la capacité européenne (Systèmes solaires, 2004).

En France, les éoliennes dores et déjà implantées représentent une faible part des engagements nationaux mais les réactions, positives ou négatives, sont sensibles sur le terrain. Le paysage est le principal facteur de blocage de ces procédures (DGEMP, 2004). Il est aujourd’hui admis qu’étant donné la taille des éoliennes, leur implantation doit être raisonnée dans une optique de création de nouveaux paysages, quelquefois appelés "paysages de l’énergie".

Le développement éolien relève ainsi de plusieurs échelles et logiques. Il s’agit, d’une part, de processus de politique publique ayant une dimension incitative (i.e. fixation d’objectifs et adoption de tarifs de rachats au niveau national), de planification spatiale (e.g. élaboration de schémas de développement éolien et de zones de développement éolien au niveau local …) et participative (e.g. enquête publique, concertation locale …). Il s’agit d’autre part, au travers de la mise en site des infrastructures éoliennes, d’une logique que les paysagistes appellent le projet de paysage. Politique de l’énergie, la politique éolienne française peut donc être regardée comme une politique environnementale et de paysage. Ces multiples dimensions invitent à en questionner les enjeux de planification et à s’interroger les conditions de l’acceptabilité sociale de l’éolien. La recherche se propose d’analyser ces deux dimensions en intégrant le cas de l’Ile de France dans une analyse comparée régionale et internationale.

La Région Ile-de-France présente donc un profil original pour étudier la formation des paysages éoliens : développement tardif de l’énergie éolienne permettant de bénéficier des expériences de territoires plus avancées, à la fois en France et à l’étranger ; révision des documents d’aménagement du territoire et place centrale accordée à présent aux énergies renouvelables ; grande diversité de modes de vie sur son territoire conduisant à différencier les enjeux du « grand » et du « petit » éolien, et à cerner finement les conditions de leur acceptabilité sociale.

Coordination : OZOUF-MARIGNIER Marie-Vic