R2DS Île-de-France

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NOVEMBRE 2009

Stratégies institutionnelles de conservation de la biodiversité

Doctorant : Thierry Lefebvre- LAS

Cette évolution témoigne du monopole pris par l’expertise scientifique, particulièrement l’ingénierie forestière et la biologie de la conservation, dans la définition de l’offre de conservation.
S’il existe de nombreuses analyses des politiques de conservation de la biodiversité, on dispose en revanche de peu d’informations sur les représentations et les modalités de fonctionnement interne des organismes prescripteurs de la conservation. Cette session du séminaire permettra ainsi de s’intéresser à la communauté épistémique des conservationnistes, aux critères qui déterminent les priorités en matière de protection de la Nature et aux stratégies de légitimation politique de ce groupe dans le contexte péruvien. Au Pérou, comme dans la plupart des pays d’Amérique Latine, les premières initiatives de protection de la Nature apparaissent dans le cadre du préservationnisme pan-américain et sont le fait d’une élite scientifique. Ce n’est qu’à partir des années 1960 que le secteur de la protection naturaliste se professionnalise au sein de la foresterie. La crise économique et le retrait de l’État face au développement du terrorisme dans les années 1980 conduisent à la création d’ONG environnementales qui importent les systèmes de planification et de gestion du secteur mondial de la conservation. À partir de la Conférence de Rio et avec le développement du socioenvironnementalisme, les scientifiques entrent en compétition avec d’autres formes de rationalité écologique pour définir les priorités en matière de conservation.
En partant de ce cadrage historique, Thierry Lefebvre analysera conjointement le procès de construction du système national d’aires naturelles protégées, les critères et les valeurs permettant de justifier la création de ces espaces qui incarnent un idéal de Naturalité et la mise en place de dispositifs institutionnels pour assurer leur pérennité. Nous verrons que, loin d’être durable, ce processus est fragile, porté par des groupes minoritaires et fondé sur des systèmes de valeurs redéfinis en permanence. Les données sont issues d’entretiens réalisés auprès des principales organisations de conservation de la Nature au Pérou, et complétés par des observations de terrain au sein d’aires naturelles protégées de l’Amazonie péruvienne et de la cordillère des Andes (Parc National Huascaran, Réserve Nationale Pampa Galeras, Réserve Nationale Pacaya Samiria).

*Thierry Lefebvre est doctorant au sein du Laboratoire d’Anthropologie Sociale du Collège de France sous la direction de Philippe Descola (CNRS/Collège de France). Ses domaines de recherche couvrent les politiques de conservation de la biodiversité, les dispositifs de participation et de médiation territoriale, et les stratégies d’adaptation au changement climatique. Sa thèse porte sur les procès de légitimation de la conservation de la Nature. Il a réalisé son travail de terrain au Pérou entre 2003 et 2007, assumant successivement les fonctions de chercheur boursier de l’Institut Français d’Etudes Andines (IFEA) et d’ingénieur de recherche au CNRS. Pendant cette période, il a participé à la coordination de deux projets de recherche sur les systèmes locaux d’usage de la biodiversité, mené plusieurs missions ethnographiques dans des aires naturelles protégées des régions andines et amazoniennes, et conduit l’évaluation de projets de conservation pour le compte de fondations. Il est titulaire d’un Master en Écologie, d’un Doctorat de Sociologie des Sciences et d’un diplôme d’Ingénieur en Agriculture.

** Raphael Billé est directeur du programme « Biodiversité, ressources naturelles, adaptation au changement climatique ».Spécialiste de la gestion de l’environnement et des ressources naturelles, il s’intéresse particulièrement à la gestion intégrée des zones côtières et à leur adaptation au changement climatique, à la conservation de la biodiversité dans le contexte de l’aide au développement, à l’évaluation des politiques publiques et à la participation dans les processus de décision. Enseignant occasionnel à l’Engref, Raphaël est aussi membre du Conseil Scientifique du programme de recherche Liteau (Gestion durable des littoraux) du Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable depuis 2006. Il est diplômé en aménagement du territoire et en économie, et titulaire d’un doctorat de gestion de l’environnement (Engref).


Date : Mercredi 25 Novembre 2009,

Horaire : 17h à 19h

Lieu :

Sciences Politiques (salle Erignac)

13, rue de l’université

75007 Paris (M° Rue du Bac ou Saint-Germain-des-Prés)

FRANCE


Merci de confirmer votre présence, au plus tard le 20 novembre 2009, à Nicole de Paula Domingos
rdv.developpementsoutenable@iddri.org ou par télécopie : 01 45 49 76 85